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Un avertissement urgent pour la classe ouvrière mondiale

mardi 21 août 2018, par Robert Paris

Un article du WSWS :

Rafles d’immigrés à la manière de la Gestapo en Ohio : un avertissement urgent pour la classe ouvrière

Par Eric London

9 juin 2018

Mardi, quelque 200 agents de l’US Immigration and Customs Enforcement (ICE, police de l’immigration) et du Customs and Border Protection (CBP, police des frontières) ont mené des rafles à la manière de la Gestapo sur deux lieux de travail dans le nord de l’Ohio. Les agents frontaliers lourdement armés ont arrêté 114 personnes, dont des enfants et des citoyens américains. Des collègues choqués et indignés ont crié à la police des frontières qu’elle laisse partir les travailleurs arrêtés, mais en vain.

Par ce seul acte de terreur de masse, le gouvernement américain a brisé la vie de centaines de parents, d’enfants, de conjoints et de frères et sœurs.

Les forces des frontières militarisées du président Donald Trump ont utilise des agents d’infiltration qui se sont présentés comme inspecteurs et travailleurs de la construction et ont attiré les travailleurs immigrés hors des pépinières de Corso’s Flower and Garden Center à Castalia et à Sandusky avoisinant en offrant un petit déjeuner gratuit. Après avoir sécurisé les périmètres, ils ont envahi les pépinières avec des fusils d’assaut, des chiens d’attaque et des hélicoptères.

Le lancement de raids de type militaire sur les lieux de travail américains marque un tournant dans l’attaque de la classe dirigeante contre les droits des immigrés et de la classe ouvrière dans son ensemble. Il crée un précédent qui ne sera pas étendu qu’aux travailleurs immigrés, mais qui sera également employé contre les travailleurs nés au pays.

En 1988, le président Ronald Reagan a signé la Civil Liberties Act (Loi des libertés civiques), s’excusant officiellement auprès des victimes survivantes de la détention massive illégale de 120 000 personnes d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Trente ans plus tard, une constellation de camps d’internement a de nouveau surgi à travers les États-Unis, avec de nouveaux camps en cours de préparation et une population de détenus en constante augmentation.

Des histoires d’horreur comme celles relatées par les survivants de l’internement nippo-américain dans des mémoires tels que Farewell to Manzanar et Journey to Topaz se déroulent chaque jour dans des villes à travers le pays.

Bien que les victimes japonaises du décret exécutif 9066 du président Franklin Roosevelt aient été souvent traitées avec brutalité physique par leurs geôliers, de nombreuses façons les centres d’internement aujourd’hui ont de pires conditions que celles qui ont existé il y a trois quarts de siècle.

Aujourd’hui, les familles sont divisées lors des rafles et les parents arrachés à leurs jeunes enfants dans une politique criminelle de cruauté intentionnelle. Les détenus sont retenus dans des cages ou des cellules, obligés de s’habiller en tenue de prisonniers et souvent interdits de communication avec le monde extérieur. Un rapport de l’American Civil Liberties Union publié en mai a révélé que les enfants non accompagnés sont systématiquement maltraités – sexuellement, physiquement et psychologiquement – par les CBP et ICE. Les tentatives de suicide sont monnaie courante.

L’immense danger que représentent pour l’ensemble de la classe ouvrière les rafles de l’Ohio est souligné et amplifié par le silence presque total avec lequel ils ont été accueillis par l’establishment politique et médiatique. Un simple saupoudrage d’articles sur les rafles est apparu dans la presse nationale.

Le New York Times, qui sert d’organe semi-officiel du Parti démocrate et de sa principale base parmi la classe moyenne aisée, n’a pas publié un seul article sur les rafles de mardi. Il est préoccupé par la promotion de la chasse aux sorcières #MeToo au nom des vedettes et professionnels de cinéma riches et égocentriques qui cherchent à faire progresser leur propre carrière au détriment des principes démocratiques tels que le respect des procédures pénales légales et la présomption d’innocence.

Mis à part une déclaration du sénateur de l’Ohio Sherrod Brown, qui a fait un appel de droite pour réformer « notre système d’immigration cassé », aucun représentant national du Parti démocrate ni aucun élu n’a parlé publiquement des rafles de l’Ohio, non plus la centrale syndicale l’AFL-CIO, ni le démocrate prétendument « indépendant » Bernie Sanders.

Sanders lui-même a des liens étroits avec des éléments anti-immigrants brutaux. La contributrice à Fox News Tezlyn Figaro, qui a servi en tant que conseillère de haut niveau pour la campagne présidentielle 2016 de Sanders et a travaillé pour son groupe politique Our Revolution jusqu’au mois dernier, a déclaré en 2017 : « Nous en avons marre des immigrants qui arrivent dans le pays et qui obtiennent des avantages que les Américains ne reçoivent pas. "

En 2016, Figaro a salué la proposition de Trump de construire un mur entre les États-Unis et le Mexique. « S’il vous plaît ! #Buildthewall », a-t-elle tweeté.

Ces sentiments xénophobes ne sont pas des déviations exceptionnelles du programme du Parti démocrate. Ils révèlent le véritable noyau de la position du Parti démocrate sur l’immigration. Malgré toutes ses prises de position cyniques, le Parti démocrate est tout aussi responsable de l’attaque contre les immigrés que Trump.

Les démocrates ont abandonné toute tentative de protéger les 1,8 million de jeunes sans-papiers éligibles à la protection en vertu du programme d’action différée pour les arrivées d’enfants (DACA), qui a expiré en mars. Sous l’administration de Barack Obama, le gouvernement a expulsé 2,7 millions d’immigrés, plus que toute administration précédente, démocrate ou républicaine et a considérablement élargi le réseau des camps d’internement des immigrés.

Les syndicats ont joué un rôle réactionnaire similaire en soutenant les mesures commerciales anti-mexicaines et anti-chinoises de Trump sur la base du nationalisme américain. Ils font écho aux efforts de Trump et d’autres éléments fascisants tels que Stephen Bannon pour diviser la classe ouvrière en blamant les travailleurs étrangers pour la perte de leurs emplois et salaires aux États-Unis.

Malgré ces efforts, l’opposition populaire aux déportations de masse est généralisée. Des témoins des pépinières de l’Ohio ont déclaré au World Socialist Web Site que les citoyens américains avaient décriés les agents d’immigration. En réponse, les agents ont détenu et menotté des travailleurs nés aux États-Unis pour les empêcher d’avertir leurs collègues immigrants.

Selon un sondage Gallup de mars 2018, seulement 12 % des travailleurs américains s’inquiètent du fait que les immigrés prennent leur emploi. Environ 85 pour cent soutiennent la citoyenneté pour les immigrés sans papiers vivant aux États-Unis. En janvier et février 2017, des manifestations spontanées ont éclaté dans les aéroports du pays contre les interdictions de déplacement anti-musulmans de Trump, et d’autres manifestations ont été organisées contre l’assaut de l’administration contre les sans-papiers provenant du Mexique et d’autres pays.

Les démocrates sont intervenus pour contenir et dissiper les protestations et ont depuis concentré leurs efforts sur la canalisation de l’opposition à Trump derrière leur propre programme de droite de guerre élargie à l’étranger et de la censure d’Internet à l’intérieur.

La classe ouvrière est la seule force sociale capable de stopper l’attaque contre les droits démocratiques et de défendre les travailleurs et les jeunes immigrés. Le point de départ d’une telle lutte est la compréhension du fait que les rafles d’immigrés en Ohio ne sont pas simplement une question « d’immigration », mais une question de défense des droits de la classe ouvrière dans son ensemble.

Le gouvernement américain renforce déjà la dictature qui est exercée de fait par les propriétaires de sociétés dans les usines et les chantiers à travers le pays. Selon une décision récente de la Cour suprême, les travailleurs ayant des clauses d’arbitrage dans leur contrat d’emploi n’ont même plus le droit d’engager des actions collectives contre leurs employeurs.

Les syndicats refusent non seulement de défendre les droits des travailleurs, mais ils soutiennent activement leur suppression. Comme conséquence des conventions collectives aux relents esclavagistes qui sont le lot de presque tous les travailleurs, toute démarche des travailleurs pour défendre leurs droits peuvent être qualifiées de violation du contrat de travail pouvant entraîner une sanction allant jusqu’au licenciement.

Les premiers mois de 2018 ont vu des grèves et des protestations grandissantes aux États-Unis et dans le monde entier. Les classes dirigeantes tentent d’éviter tout lien entre ces luttes en augmentant le fanatisme et l’arriération en fonction de la nationalité, de la race et de la religion. En Italie, en Allemagne et en France ainsi qu’aux États-Unis, les gouvernements font des immigrants les boucs émissaires pour la baisse des salaires et des niveaux de vie imposés par les gouvernements eux-mêmes au nom des banques et des grandes entreprises.

L’Opposition à cette politique d’état policier, qui divise pour mieux régner est une question de vie et de mort pour la classe ouvrière aux Etats-Unis et à l’échelle internationale. Pour se préparer aux batailles de classe massives à venir, il est urgent que les travailleurs se lèvent pour défendre leurs frères et sœurs immigrés.

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